mercredi 4 décembre 2013

COACHING PARENTAL - décoder les émotions de son enfant.

Imaginez que vous ayez à passer plus de 80% de votre temps à vous astreindre à respecter un rythme qui n'est pas le vôtre, à atteindre des objectifs qui ne vous motivent aucunement, à respecter des codes, des règles, des principes qui vous semblent insensés, tout simplement parce qu'ils ne font pas partie de votre univers?

C'est ce qu'on appelle l'éducation. :) 

La vie impose à l’enfant et à l'ados des contraintes auquel il n’est pas adapté. Il se plie aux horaires, aux exigences, aux règles qu’imposent les horaires professionnels de ses parents et ceux de l’école. Partout, il est censé se montrer bien éduqué, respectueux. Tout ça fait beaucoup de stress qu’il faut bien décharger à un moment.

Nous sommes si ravis en tant que parent d'entendre que notre rejeton s'est bien comporté, qu'il a "tout fait et été bien comme il faut"... à l'école, à son sport ou ses cours de musique, ou bien chez son ami(e). Nous sommes si déçus, contrariés ou perdus quand il se distingue par ses "mauvais comportments" (délinquant va!!!). Alors quand tout s’est super bien déroulé, on se réjouit que la soirée, elle aussi, soit super cool. Hélas! (surtout avec les tout-petits), l’enfant angélique de la journée se déchaîne et se transforme en dragon :)!

Nous, du haut de notre belle adaptation (domestication?) aux convenances du monde adulte, on va interpréter ça comme de la colère ou même pire : de la rage. Et ni une ni deux, la plupart d'entre nous va trouver ces comportements effrayants, inacceptables, disproportionnés, punissables...

Pourtant ce n'est pas de la colère. Ces réactions sont une manière pour l'enfant de décharger le stress enduré et le trop plein d’énergie qui s’est accumulée. De retour à la maison, auprès de son parent qui l'aime, il peut se déchaîner en sécurité et il ne s’en prive pas (aghhhhhh). A ce moment-là, tous les prétextes sont bons mais ce ne sont, justement, que des prétextes.


Ce qui est moche pour le parent qui est "la figure d’attachement" (celui en qui l'enfant a le plus confiance relationnellement), c’est que c’est lui qui encaisse tout le stress. Avec le parent moins présent habituellement, il y a beaucoup moins d’embarras… tout simplement parce que l’enfant est moins sécure. 

En tant qu’adulte, ce n’est souvent pas de cette manière non plus que nous décodons la situation. Combien de ces parents "qui ont le plus facile avec l'enfant ou l'ado" ne vont pas donner de leçon à celui qui essuie la décharge de tension?


Quoi qu’il en soit, il n’y a pas lieu de voir de la colère dans les déchaînements auquel l’enfant s’abandonne quand il rentre de l’école ou à d’autres moments. Selon Isabelle Filliozat, un enfant qui pleure pour se décharger ne souffre pas. Selon elle, un individu doit carrément atteindre l’âge de 28 ans pour dépasser complètement ce stade!!!


Scoop et astuce : 
Quand les sanglots ne soulèvent que les épaules et se situent dans le haut de la poitrine, ce n’est pas une vraie émotion. Les vraies grosses émotions partent du ventre.
Et une solution s'il devient violent : l’adulte saisit l’enfant en lui passant les bras autour du corps tout en immobilisant ses bras de manière à l’empêcher de (se) faire mal. Le parent serre alors l’enfant contre lui affectueusement et le rassure. Alors l’enfant se calme en passant de la violence aux pleurs. Les pleurs soignent quand ils ont un témoin bienveillant. Aletha Solter en parle très bien...


L’enfant est comme un geyser d’énergie immotivée qu’il n’est pas en mesure de canaliser. A nous donc de prendre en compte ce besoin de déchaînement comme une donnée de base. 

Pourquoi ne pas mettre en place des stratégies qui favoriseront l’expression de ce trop plein d’énergie accumulée?  
Rien de tel que des batailles sur le lit, de guiliguilis ou de polochons : on se défoule tous ensemble en riant et les liens se resserrent. Moi j'adore :) 
Et puis surtout, faire l'effort de lui rendre visite dans son monde, de s'intéresser à son univers, sans dénigrement, jugement ni moralisation, histoire d'équilibrer les échanges. A nous de montrer l'exemple et de faire aussi pour lui ce que nous on lui demande! :) Une fois qu'on en a les codes, pour certains cela peut demander un peu d'entrainement, ce qui était peut être un effort devient plaisir :)...

Et tout ça est tellement bon pour réveiller la part d'enfant qui sommeille en nous, avec ses magnifiques qualités de spontanéité, d'émerveillement, de vitalité et de créativité! 

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